Pierre Baillot

Pierre Marie François de Sales Baillot (1er octobre 1771 – 15 septembre 1842) est un violoniste et compositeur français né à Passy. Il a étudié le violon sous la direction de Giovanni Battista Viotti et a enseigné au Conservatoire de Paris avec Pierre Rode (également élève de Viotti) et Rodolphe Kreutzer, qui a écrit la méthode officielle de violon du Conservatoire (publiée au début du XIXe siècle). Il est le seul auteur de la méthode d’enseignement L’Art du violon (1834). L’enseignement de Baillot a eu une profonde influence sur le développement technique et musical à une époque où la virtuosité était ouvertement encouragée. Il est à la tête de l’Opéra de Paris, donne des récitals en soliste et est un remarquable interprète de musique de chambre.

Biographie

Pierre Baillot, qui a été associé à Rode et Kreutzer dans la compilation de la célèbre « Méthode du Violon », est né à Passy, près de Paris, et est devenu l’un des meilleurs violonistes de son temps. Son éminence dans sa profession n’a pas été obtenue sans une longue lutte contre de grandes difficultés, car à l’âge de douze ans, il a perdu son père, qui avait tenu une école, et est devenu dépendant d’amis pour son éducation. Son talent musical est remarquable dès son plus jeune âge, et il reçoit sa première instruction d’un Italien nommé Polidori. À l’âge de neuf ans, il fut placé sous la direction d’un professeur français nommé Sainte-Marie, dont la formation lui donna l’état sévère et les qualités méthodiques par lesquelles son jeu se distinguait.

À l’âge de dix ans, il entend Viotti jouer un de ses concertos, devenant ainsi son modèle. À la mort de son père, un an ou deux plus tard, l’intendant de la Corse, M. de Boucheporn, l’envoie, avec ses propres enfants, à Rome, où il est placé chez Pollani, un élève de Nardini, sous lequel il fait de rapides progrès, et commence bientôt à jouer en public. Il ne peut cependant pas suivre directement le chemin de sa profession, et pendant cinq ans, il voyage avec son bienfaiteur, en tant que secrétaire particulier.
Carrière

En 1791, il revient à Paris et Viotti lui assure une place dans l’orchestre de l’opéra. Mais lorsqu’on lui propose un poste au ministère des Finances, il abandonne son travail d’opéra et, pendant quelques années, ne consacre que ses loisirs à l’étude du violon. Il sert dans l’armée pendant vingt mois, après quoi il est à nouveau déterminé à faire de la musique son métier, et apparaît bientôt en public avec un concerto de Viotti. Cette prestation a fait sa réputation et on lui a proposé un poste de professeur de violon au Conservatoire, alors récemment ouvert.

Il est ensuite nommé dans l’orchestre privé de Napoléon, puis part trois ans en Russie avec le violoncelliste Lemare. De retour à Paris, il crée des concerts de musique de chambre, qui remportent un grand succès, et se forge une réputation de quatuor. Il se produit fréquemment avec la pianiste et compositrice polonaise Maria Agata Szymanowska.

Baillot voyage à nouveau, visitant les Pays-Bas, la Belgique et l’Angleterre, puis il devient chef de l’orchestre de l’opéra à Paris et de l’orchestre royal. En mars 1825, alors qu’il est premier violon de l’Opéra de Paris, Baillot et Luigi Cherubini évaluent la demande d’admission de Felix Mendelssohn au Conservatoire de Paris en jouant son Quatuor pour piano et cordes en si mineur. Mendelssohn n’avait que 16 ans. Une anecdote mentionne que, submergé par l’émotion, Baillot s’est approché du jeune compositeur après la représentation et, sans prononcer un mot, l’a simplement embrassé.

Baillot fait une dernière tournée en Suisse en 1833, et meurt à Paris en 1842.

Héritage
Baillot est considéré comme le dernier représentant éminent de la grande école classique de violon à Paris. Dans « L’Art du Violon », il souligne que la principale distinction entre le style ancien et le style moderne du violon est l’absence de l’élément dramatique dans le premier, et sa prédominance dans le second, permettant ainsi à l’art exécutif de suivre les progrès marqués par le compositeur, et de faire ressortir les puissants contrastes et les idées élargies des compositions musicales plus modernes. Après l’époque de Baillot et de ses contemporains, le style de Paganini devient prédominant à Paris, mais l’influence de l’école parisienne s’étend à l’Allemagne, où Spohr doit être considéré comme le descendant artistique direct de Viotti et de Rode.

Œuvres (sélection)

L’Art du violon une méthode de violon (1835)
24 Études pour violon avec accompagnement d’un second violon, pour faire suite à L’Art du violon (1851)
Une méthode pour le violoncelle et la basse d’accompagnement (1804).
9 concertos pour violon et orchestre, no 1 op. 3 (1801) / no 2 op. 6 (1804) / no 3 op. 7 (1804) / no 4 op. 10 (1805) / no 5 op. 13 (1807) / no 6 op. 18 (1809) / no 7 op. 21 (1809) / no 8 op. 22 (1809) / no 9 op. 30 (1840)
Symphonie concertante, op. 38 (1817) pour deux violons et orchestre
Douze Études ou caprices pour le violon, op. 2 (1803)
3 Duos, op. 8 (1804)
3 Duos, op. 16 (1811)
Trois Airs variés pour violon et piano, op. 31 (1814)
Sonate pour violon et piano op.32 (1820)
Trois nocturnes, op. 39 (1821)