Janine Andrade

Janine Andrade est né le 13 novembre 1918 à Besançon. Elle obtient son 1er Prix en 1930 dans la classe de Jules Boucherit, et étudie ensuite avec Thibaud et Flesch.

janine andrade

Bruch, Concerto pour violon n°1, Janine Andrade, Orchestre National de l’ORTF, 1970

Tchaikovsky

Brahms

Paganini

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« Récital Janine Andrade (15 mai 1933). — C’était, je crois, le premier récital de cette toute jeune violoniste, très brillante élève de M. Boucherit. Elève, mais chez qui tout ce qui fut appris semble s’être aussitôt transmué en maîtrise; et c’est bien une impression de sérénité dominatrice qui s’imposait à nous tout d’abord, tandis que dans la Salle du Conservatoire nous entendions, sous cet archet jamais hésitant, le Concerto en ré majeur de Mozart. Pureté du son ; rigueur et noblesse du style; tout cela s’apparentait d’emblée avec l’oeuvre et rejoignait spontanément la primordiale jeunesse, qui en Mozart défiait l’irruption du temps; et ce ne fut que sournoisement que le temps, finalement, vainquit.

On eût dit que sous l’égide de Mozart ce concert initial était tout entier placé; car dans toutes les pages qui se succédaient, l’accent paraissait mis sur un élément mozartien. Même dans celles de ces oeuvres qui étaient le plus distantes de Mozart : à la pure virtuosité elle-même, aux pures acrobaties de mouvements et de formes, Mozart se fût intéressé. Et nous écoutâmes de la sorte, sous l’agilité de ces doigts, comme sous leur sensibilité ductile, la Fantaisie de M. Philippe Gaubert et la Sonate en ut majeur de M. Reynaldo Hahn, la Romance en sol de Beethoven, et l’Andante Cordial, « première audition », de M. P.-O. Ferroud (que ne puis-je, ici, m’effacer devant notre cher collaborateur René Brancour?), la Clochette de Paganini-Kreisler, la Gavotte de Rameau et le Zapateado de Sarasate. »
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Georges Enesco, Western Electric test record

Georges Enesco, Western Electric test record, 23 septembre 1924 : Bazzini, La ronde des lutins.

L’enregistrement et les photos sont publiés par le label japonais Shellman.

Enesco Shellman

Enesco record

Si les premières publications commerciales d’enregistrements électriques ont lieu en 1925, elles sont précédées d’essais et de tests, dont cet enregistrement d’Enesco fait parti.

Les notes du livret Shellman proposent l’hypothèse que la ronde des lutins ait été choisi pour tester les aigus avec le nouveau procédé électrique. Si la pièce de Bazzini semble bien loin du répertoire de prédilection d’Enesco, elle n’a pas été choisi ex-nihilo pour les besoins du test. J’ai en effet découvert qu’Enesco l’avait déjà enregistré  pour Columbia en février 1924 : pas moins de 7 prises (aucune publiée), 7 prises aussi pour la Sérénade de d’Ambrosio enregistrée le même jour.

Plus étonnant, une nouvelle session d’enregistrement de la ronde des lutins a lieu le 23 septembre,  3 prises avec pour n° 81555-8-9-10. Il s’agit nécessairement de la session d’enregistrement dont est issu le test Western Electric ci-dessus (n°64554-1 ; 1ère prise ; 23 sep 1924).

Enesco Columbia

The Columbia Master Book Discography: Principal U.S. matrix series, 1910-1924 Par Tim Brooks,Brian A. L. Rust

4 enregistrements d’Enesco Columbia sont faits en 1924 :

6 février : Kreisler, Aubade provençale

13 février : D’ambrosio, Sérénade

11 mars : Beethoven, Chorus of the Dervishes

???, Wagner, Albumblatt (couplé avec le Beethoven sous le numéro n°20029D, mais avec un n° de matrice à 6 chiffres (140059) [enregistrement probablement toute fin 1924, le 59° de la nouvelle numérotation de Columbia partant de 140000 ?]

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Quelques liens intéressants sur ce sujet :

http://www.normanfield.com/columbiagraphtest.jpg

http://en.wikipedia.org/wiki/File:First_Electrical_Recording_You_May_Be_Lonesome_Columbia_Flag_Label.jpg

http://www.gramophone.net/Page/View/241/The%20Development%20of%20the%20Record%20Industry%20-%20by%20Brian%20Rust :

« Columbia and Victor had both been offered the use of the Western Electric sound recording system on a royalty basis. After some hesitation on the part of Victor, both signed the agreement, and in March 1925, Columbia led off with an unimpressive recording of Art Gillham, the Whispering Pianist, while Victor’s first electric recording was also of a pianist: the French genius Alfred Cortot. So that existing acoustically recorded issues would not be regarded by the public as unwanted while the new electrically-made product was still unobtainable except for the few rather nervously experimental releases, the two giants agreed not to publicize their precious new asset. »

http://history.sandiego.edu/gen/recording/notes.html#electric

http://mixonline.com/TECnology-Hall-of-Fame/western-electric-recording-090106/ :

True to form, many critics hated the electrical process, claiming it brought out individual instruments, thus destroying acoustic recording’s smooth ensemble sound; other detractors believed that this new technology sounded harsh and unnatural.

http://www.gramophone.net/Issue/Page/October%201925/21/734083/THE+COMING+REVOLUTION

http://www.mainspringpress.com/vic_minicon.html

http://www.charm.rhul.ac.uk/history/p20_4_1.html

Wilhelmj Cylinders

Des enregistrements du légendaire August Wilhelmj sont écoutables sur le site de la British Library ! Ils viennent d’être numérisés (juin 2010), semble-t-il sous la pression des chercheurs…

Si l’identité de l’interprète n’est pas absolument établie, des preuves plus que tangibles vont dans le sens de Wilhelmj :

« Although most of the cylinder boxes have labels written in a copperplate hand denoting the titles, Wilhelmj’s name is nowhere to be found. When donated to the British Library the cylinders were described as ‘thought to be by Wilhelmj’. Apparently, the cylinders had been in the possession of Charles Volkert, director of the London branch of the music publishing firm Schott. He died in 1934, and the cylinders were rescued when the establishment was being cleared in the 1960s.

Circumstantial evidence points to the cylinders probably being by August Wilhelmj (1845-1908). Firstly, his compositions were published in London by Schott. Secondly, in 1894 he accepted a teaching post at London’s Guildhall School of Music. »

Parmi ces enregistrements privés, faits vers 1900 sur 16 cylindres :

-le premier concerto de Paganini

-le Streghe de Paganini

-un concerto de Sivori, identifié par la British Librairy comme le concerto n°2, écrit vers 1841 et jamais publié.

-Deux pièces (très savoureuses) dont l’auteur est inconnu (La British Library ne propose pas Wilhelmj…)

Ecouter les enregistrements sur le site de la British Library



Jenő Hubay [vidéo !]

Hallucinante vidéo de Jenő Hubay, datant de 1937 ! Elève de Vieuxtemps et Joachim, grand compositeur (concertos à découvrir absolument), et pédagogue reconnu (professeur de Joseph Szigeti et Tibor Varga…) : Hubay est une figure légendaire du violon, comparable à Eugène Ysaÿe.

L’image est cadrée bizarrement ; on ne voit donc pas la position de son bras doit, ni sa tenue d’archet à la pointe. En revanche, on voit parfaitement sa main au talon (il pousse avec le petit doigt en l’air, vers la fin), et le mouvement ample et lent de son vibrato. Très intéressant également, la mobilité du violon dont il se sert pour accentuer l’effet de son portato (en fin de vidéo) : sur chaque attaque, il soulève son violon pour renforcer la pression d »archet.

La ressemblance de Szigeti est assez frappante dans cette œuvre de Hubay :